Ce 5e livret rapporte plus que le Livret A (vous l’ignorez sûrement)

Connaissez-vous ce livret réglementé qui existe depuis les années 1980, rémunéré à 1 % mais dont presque personne n’a entendu parler ? Vous pourriez passer à côté d’une solution d’épargne officiellement reconnue, mais complètement oubliée, qui propose *plus* que le Livret A… dans certains cas. On l’appelle le livret d’épargne entreprise (LEE). Voici pourquoi ce produit reste méconnu, malgré son statut réglementé.

Un livret réglementé que personne ne propose (ou presque)

La plupart des Français peuvent citer les grands classiques de l’épargne réglementée : Livret A, LDDS, LEP et éventuellement PEL. Mais peu savent qu’il existe officiellement un cinquième livret : le LEE, ou livret d’épargne entreprise.

Ce livret figure bien dans les arrêtés semestriels publiés par l’État pour fixer les taux d’intérêt. Il n’a pourtant quasiment aucune visibilité dans les banques. Rares sont les conseillers qui le connaissent ou l’évoquent spontanément. Un ancien conseiller confirme même n’en avoir jamais ouvert un seul en vingt ans de carrière.

La Banque de France ne dispose d’aucune statistique officielle sur ce livret. Et pour cause : son usage est devenu marginal, à tel point que certaines banques admettent avoir cessé de le proposer sans même s’en rendre compte…

Conçu à l’origine pour lancer son entreprise

Le LEE voit le jour dans les années 1980 avec un objectif bien précis : favoriser la création et la reprise d’entreprises artisanales. Il succède à un livret encore plus discret, réservé aux métiers manuels souhaitant entreprendre.

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Son fonctionnement s’inspire du plan d’épargne logement :

  • Phase d’épargne obligatoire de 2 à 5 ans
  • Versements annuels minimum requis
  • Intérêts capitalisés pendant la durée du plan
  • Utilisation des fonds exclusivement pour un projet entrepreneurial
  • Possibilité d’un prêt complémentaire via un accord lié au livret

Mais malgré cette bonne idée sur le papier, plusieurs contraintes ont freiné son développement.

Des conditions trop restrictives

Le LEE souffre de plusieurs handicaps depuis sa création :

  • Montant minimum élevé à l’ouverture
  • Versements annuels obligatoires sans flexibilité
  • Plafond peu atteignable, malgré celui fixé à un niveau conséquent
  • Déblocage strictement encadré

Mais ce qui a signé sa quasi disparition, c’est surtout le tournant fiscal de 2013.

2013 : la fin d’un avantage fiscal décisif

Jusqu’en 2013, le LEE offrait un bénéfice majeur : la non-imposition des intérêts au titre de l’impôt sur le revenu. Cela le rendait intéressant malgré ses contraintes. Mais tout change avec la loi de finances 2014. Cette dernière supprime son principal attrait, dans une volonté de réduire les niches fiscales peu utilisées.

Depuis, les intérêts du LEE sont soumis au prélèvement forfaitaire unique, comme pour n’importe quel produit d’épargne non réglementé. Ce changement fiscal l’a rendu beaucoup moins attractif.

Quel rendement aujourd’hui ?

Le taux du LEE est défini par les autorités et évolue selon celui du Livret A. Actuellement, voici comment il se positionne :

  • Depuis février 2026 : 1,00 %
  • Soit trois quarts du taux du Livret A (1,00 % contre 1,50 %)

À noter : ce taux est arrondi à l’inférieur, ce qui peut entraîner une perte relative sur le long terme malgré la stabilité apparente.

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Un produit au bord de la disparition

Ces dernières années, le LEE a été brièvement mentionné dans des rapports parlementaires. Un document de la commission des finances de l’Assemblée nationale recommande même sa suppression. Il y est qualifié de « produit méconnu, inutile et symbolique d’une époque révolue ».

Et pourtant, sur le papier, il est encore là, présent dans les documents officiels, survivant comme un fantôme du passé de l’épargne française.

Faut-il encore s’y intéresser ?

En toute franchise, le LEE ne présente plus vraiment d’intérêt pour le grand public. Trop rigide, peu distribué, et fiscalement désavantageux, il n’a plus d’atout face aux autres livrets réglementés. Certains placements comme l’assurance vie, voire un simple Livret A ou un PEL, restent nettement plus accessibles et compréhensibles.

Mais il n’est pas impossible que vous en possédiez un sans le savoir, surtout si vous avez ouvert un livret il y a des années dans une caisse régionale ou une banque mutualiste. Dans ce cas, il peut être utile d’en vérifier l’existence et l’état… avant qu’il ne disparaisse définitivement des radars.

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Julien T.
Julien T.

Expert en aménagement intérieur, Julien T. aime dénicher des astuces déco pour rendre chaque maison unique. Il combine créativité et praticité dans ses projets.